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RACKET ?…

Il n’est pas rare d’entendre que « la police n’aime pas les jeunes »

Pour renforcer ce sentiment, les policiers opèrent « des descentes » vers 19h, à la tombée de la nuit, dans les quartiers périphériques de la capitale.

 

Mipam a 24 ans, il porte les cheveux mi longs et comme tous les garçons de sa génération il est vêtu de jeans, teeshirt, basquets.

Ce jour là, Mipam discute tranquillement avec plusieurs amis devant le domicile de Kamar.

Après avoir barré les extrémités de la voie et sans ménagement, une « rafle » de 60 personnes a lieu. Par chance, Kamar est rentré dans le couloir de la maison et après avoir observé la situation prévient que Mipam et ses amis entassés comme du bétail dans les fourgons,a rejoint la prison.

Plusieurs questions se posent alors :

–   Quel délit ?

–   Quel chef d’accusation ?

Les réponses sont inexistantes, si ce n’est de s’être trouver au « mauvais endroit » ce jour là.

–    Que faire ?

L’action immédiate est de trouver « un restaurant » qui apportera une alimentation convenable à Mipam et ses amis.

Les visites sont autorisées matin et après midi 10 minutes pour chaque séances, ce qui permet d’apporter du linge propre et prendre des nouvelles de la santé de Mipam.

La prison n’est pas cotée en étoiles. Rats, cafards, punaises se disputent le lieu.

La grivoiserie des gardiens, les sourires narquois sont fréquents vis-à-vis des jeunes femmes qui rendent visites à leur parent.

Tout cela semble dérisoire face aux jours qui passent et à cette question qui taraude « Comment faire pour le sortir de là ?»

C’est alors qu’une solution induite par le personnel de la prison, se fait jour : « Money ! Money »

Le temps passe et les montants de « Money » font le yoyo.

Le temps aussi de tester si le prisonnier peut payer et combien. Entre temps il va falloir demander l’intervention d’un « politique » qui pourra agir auprès du « grand chef »

 

Merci « Messieurs » !… 3 semaines d’enfermement, une « rançon de plusieurs centaines d’euros »… Pourquoi ?…

Est ce que le « système » doit être ainsi et que par tous les moyens il faille trouver « Money ! Money » ?…

 

 

TRAFIC D’ORGANE

Madhab Parajuli, 36 ans, était face à un choix déchirant :

  • Vendre son petit lopin de terre suite à un emprunt non remboursé.
  •  Vendre un de ses reins à un trafiquant d’organe.

En désespoir de cause, Parajuli a accepté l’offre du trafiquant. 100.000 roupies (1000€) et a voyagé en Inde pour avoir l’organe prélevé.

Il regrette amèrement cette décision. Payé seulement un tiers de la somme promise à son retour au Népal, il a perdu sa terre, sa famille et sa santé.

En vertu de la loi népalaise, les greffes de rein sont autorisées si l’organe est donné par un parent de sang ou le conjoint.

Les lois de l’Inde sont plus laxistes et autorise une personne non apparentée à un « don d’organe par affection » sous réserve de l’approbation d’un comité médical. Cette procédure de vérification est souvent contournée.

A Jyamdi, groupe de villages pauvres, tout le monde connaît quelqu’un qui a vendu un rein. Le lieu est devenu un centre pour les trafiquants, en raison de sa proximité avec Kathmandu et la frontière indienne.

La plupart des villageois sont des agriculteurs de subsistance, mais la production est insuffisante pour couvrir l’année.

L’ancien chef du village, Krishna Bahadur Tamang déclare à l’AFP :

« Ici les gens sont pauvres et sans éducation. Il est facile pour les trafiquants d’attirer les plus pauvres qui ne touchent qu’une infime partie de l’argent promis. Certains sont attirés par des promesses d’emploi et ne connaissent la vérité qu’une fois arrivé en Inde »

 

Il en va de même avec la prostitution.

Il n’est pas exact de dire et d’en faire une généralité, que les familles « vendent » les enfants.

L’argument majeur des rabatteurs est la dot que la famille doit donner au mariage des filles. La proposition « d’un travail honnête » chez de riches particuliers emporte l’acceptation des parents.

L’illettrisme, la pauvreté n’enlèvent pas aux gens leurs traditions et culture. « Travailler dans un bordel est un déshonneur »

Les filles qui reviennent au Népal avec, trop souvent, des problèmes physiques et psychologiques déplorables ne sont que très rarement acceptés par leur famille.

 

CORRUPTION – RACKET – TRAFICS

Face à l’inflation galopante du coût des produits de bases, des loyers, du carburant, du prix des terrains….. les salaires ne sont pas adaptés.

La corruption, le racket, les trafics, trouvent un terrain favorable à leur développement dans un pays à la recherche de structures stables.

A présent il est nécessaire d’avoir de l’argent pour obtenir le droit d’aller travailler dans un autre pays et des réseaux en place entretiennent « le mirage d’un monde meilleur » à des prix exorbitants remboursables par des années de travail à l’étranger. Pour partir hommes et femmes s’endettent auprès des familles qui vendent le peu de biens qu’elles ont. Parfois le réveil est brusque car dans le pays de destination le travail n’est pas au rendez vous et la clandestinité est la seule ressource pour attendre de pouvoir payer son billet de retour.

Aller étudier dans un autre pays a également un coût important. Outre les garanties demandés par le pays d’accueil, les papiers nécessaires sont parfois négociés contre de « la monnaie sonnante et trébuchante ».

Les emplois dans l’administration, parfois, sont aussi facteurs de négociations monétaires.

Les travaux entrepris (aménagement des voies de circulation, construction de routes…) sont propices à employer seulement une partie du budget et à redistribuer l’autre de façon individuelle au détriment de la « solidité » de l’ouvrage.

Le racket trouve sa place dans un univers ou la loi du plus fort et de la violence,  gagne du terrain. Il n’est pas rare que les commerces qui touchent le tourisme, soient « parrainés » pour avoir le droit d’être « tranquilles ».

Les trafics ne sont pas en restent.

Les bordels indiens sont approvisionnés régulièrement.

Le trafic d’organes est florissant.

Le rhinocéros unicorne, le tigre, espèces rares et protégées, sont braconnés pour alimenter les marchés asiatiques avides de produits aux vertus aphrodisiaques. Cette croyance au combien illusoire, détruit une partie non négligeable de la faune du patrimoine népalais.

La drogue a trouvé sa route entre pays de l’Ouest et de l’Est par le Sud du Népal.

Des associations ont déclaré la guerre aux trafiquants, mais elle est rude car la population concernée est pauvre, souvent illettrée, facilement bernée. Face à la puissance de l’argent, le combat est trop souvent inégal.