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DES ELECTIONS AU NEPAL

12 mai 1991  Élection au Népal d’un gouvernement dirigé par G.P. Koirala

Texte rédigé par l’équipe de Perspective Monde

La tenue d’élections législatives au Népal marque une nouvelle étape dans le processus de démocratisation qui secoue ce pays asiatique depuis un an. Victorieux, le Parti du Congrès népalais adoptera des mesures favorables à la libéralisation de l’économie.

Le Népal a vécu une expérience démocratique de courte durée en 1959-1960. Le roi et son entourage dominent la vie politique dont les partis sont exclus. Un ensemble de facteurs accentuent la pression pour une démocratisation des institutions à la fin des années 1980. Des accusations de corruption pèsent notamment sur les dirigeants politiques.  À l’hiver 1989, un blocus économique imposé par l’Inde crée une pression inflationniste et des pénuries qui suscitent un mécontentement croissant. Des manifestations populaires, dont une qui se déroule en avril 1990 près du palais royal,             à Katmandou, sont sévèrement réprimées. Pressé d’agir, le roi Birendra Bir Bikram Shah Dev fait des ouvertures démocratiques qui sont saluées par des rassemblements de joie, dont un de grande envergure dans la capitale. Par la Constitution de novembre 1990, le Népal devient une monarchie parlementaire. Le multipartisme est accepté et les principes des droits de l’Homme reconnus. Depuis avril 1990, le pays est dirigé par un gouvernement intérimaire qui subsistera jusqu’à la tenue d’élections législatives, le 12 mai 1991. À cette occasion, le Parti du congrès arrive en première place, suivi du Parti communiste. Bien que marqué par certaines irrégularités, le scrutin est jugé équitable par les observateurs présents. Le nouveau premier ministre, G.P. Koirala, forme un gouvernement qui souhaite dynamiser l’économie en réduisant le rôle de l’État et en misant sur l’aide étrangère, notamment des États-Unis. Le Népal, un des pays les plus pauvres d’Asie, restera toutefois dans une situation difficile.

NÉPAL • Bientôt un sixième gouvernement en cinq ans  /21 novembre 2013

Le principal quotidien du pays, Kantipur, titre au surlendemain des législatives : « Le parti du Congrès en tête ».

C’est effectivement cette formation, la plus  ancienne parmi toutes celles qui présentaient des candidats, qui semble déjà arriver en première position alors que le dépouillage est en cours.
Les maoïstes, qui avaient rendu les armes et même formé des gouvernements après la chute de la monarchie et la fin de la guerre civile (2006), arrivent en dernière position.

Des élections au NEPAL, quand l’histoire bafouille !

22 ans séparent les deux articles présentés.

Remplaçons quelques mots dans l’article du 12 mai 1991 et nous nous apercevons que 22 années n’ont pas changé grand-chose, malgré une révolution et les promesses des dirigeants en 1991.

  • Le roi et son entourage ne  dominent plus la vie politique, mais leur désir de pouvoir est bien présent.
  • un blocus économique imposé par l’Inde peut créer une pression inflationniste et des pénuries, d’où l’allégeance du Népal vis-à-vis de son grand voisin.
  • Remplaçons :

– 1990 par 2006 et 2008.

– Birendra Bir Bikram Shah Dev (assassiné en 2001) par le nom de son frére, qui n’a pas fait  d’ouvertures démocratiques.

– le Népal monarchie, avec une religion d’état, devient en 2008 un état républicain laïque.

– G.P. Koirala a quitté la scène politique (DCD) mais a eu soin de mettre en place une « dynastie au pouvoir »

  • Le Népal, un des pays les plus pauvres d’Asie, est toutefois dans une situation difficile

CONSTITUTION…POLITIQUE…POUVOIR…

EXTRAITS DE NEPALNEWS.COM/mai 2013

Le leader d’un parti marginal a accusé les dirigeants des principaux partis politiques d’être engagés dans une conspiration et ne pas permettre l’élection de l’Assemblée constituante d’ avoir lieu comme prévu et que le pays n’aura pas la constitution qui est très attendue.

 Le gouvernement actuel a pris des décisions arbitraires au lieu de s’acquitter de sa responsabilité réelle de créer une atmosphère favorable. Le gouvernement a échoué dans la défense de la démocratie et ne sera pas également  en mesure d’assurer une constitution démocratique.

Pour un vrai révolutionnaire, l’intérêt général du pays est toujours bien au-dessus de son ambition personnelle.   Gandhi et Nelson Mandela ont été révolutionnaires parce qu’ils n’ont jamais fait de compromis avec la décision des seigneurs étrangers quand il s’agit de l’intérêt national plus large.  Ils étaient au-dessus de tout en termes de leur engagement à la cause pour laquelle ils se  battaient. . En fait, ils n’ont  jamais eu à tirer une seule balle pour être révolutionnaires.

Nos politiciens ambitieux  ont été la proie de leur vulnérabilité car leur vulnérabilité est leur ambition. L’ironie est qu’ils se nourrissent à travers un soutien extérieur.  La politique dans notre pays au cours des dernières années est progressivement devenu un jeu d’obtenir le soutien des seigneurs étrangers. Les hauts fonctionnaires indiens disent ouvertement que les dirigeants népalais se rendre en Inde sans ordre du jour national autre que de chercher un soutien personnel.

Il est clair maintenant que les seigneurs étrangers ont une politique à deux volets.  La première consiste à augmenter le syndrome de dépendance autant que possible.  La seconde est de gouverner par procuration.  Chaque seigneur étranger veut avoir son empire en fonction de ses ressources et de proximité.  À cette fin, les décideurs en Inde vont au-delà des politiciens. 

Dans le contexte actuel, c’est la nomination de Lokman Singh. Les journaux d’aujourd’hui à Katmandou sont inondés avec cette affirmation. Le deuxième adjoint de Dahal a catégoriquement affirmé que la nomination est venue de l’extérieur.

Ce processus permet de pénétrer à l’intérieur de l’appareil d’Etat.  Si ce processus prend de l’ampleur, nos représentants du gouvernement auront à examiner les seigneurs étrangers pour leur continuité afin de ne pas menacer leur vie politique.

Maintenant, le jeu est d’une collision et collusion.  Les joueurs sont multiples. Cela signifie qu’il n’est pas possible de conserver des conditions contrôlées.  Ainsi, tout est clair.  L’élection est peu probable en Novembre.

Qu’advient-il alors?  Le Népal  n’a pratiquement pas de constitution. La constitution provisoire est presque comme une mort cérébrale dont le cœur bat seulement par des moyens artificiels. 

(L'auteur peut être contacté à: bklohani@hotmail.com) 

L’Union européenne (UE) a déclaré que le processus électoral en cours au Népal offre une « occasion historique de garantir une paix durable ».

La délégation de l’Union européenne au Népal a déclaré: «Des élections crédibles, transparentes et inclusives en 2013 sont essentiels à la stabilisation de la situation politique et la restauration des institutions démocratiques fondamentaux. »   L’UE a également appelé tous les acteurs concernés à contribuer « activement et de façon responsable » à ce processus.

L’UE, qui est le plus grand fournisseur d’aide au développement au Népal, en a également profité pour renouveler son engagement à continuer à travailler pour le peuple du Népal.

UNE CONSTITUTION « ARLESIENNE »

Une CONSTITUTION nommée « ARLESIENNE* »

2006 voit un grand soulèvement populaire et la destitution du Roi. Cette date stoppe la guerre civile et le parti des Maobati quitte les armes pour entrer avec les autres partis sur un plan politique au niveau des négociations du pouvoir.

2008 les élections populaires donnent au parti Maoïste une force gouvernementale puissante, mais non majoritaire.

Dans ces temps le petit royaume du Népal devient une démocratie laïque en excluant le roi et la religion d’état : l’hindouisme.

Se pose alors le problème de la création d’une nouvelle constitution !

Les dates de rédaction et de promulgation sont à chaque échéance reportée et la succession des gouvernements n’a en rien permis la stabilisation du pays.

7 ans après la majorité des népalais sont toujours dans une situation précaire et subissent chômage, exil dans d’autres pays pour trouver du travail, infrastructures inexistantes ou vieillissantes, inflation , manque d’eau et d’électricité, salaires dérisoires et petits boulots journaliers ne permettant pas de se projeter dans l’avenir, corruption etc….,

Il semble que le Népal « vivote » autour des principaux sites touristiques qui amènent quelques royalties : Kathmandu et sa vallée, région des Annapurna et Pokhara, Terrai et Chitawn, Lukla et Everest. Le reste du Nepal  étant un peu considérer comme « loin des yeux loin du cœur » Ceci étant cela se charge d’expliquer le pourquoi de tous ces villageois qui « descendent au Népal » dans l’espoir de trouver du travail, un logement décent  et qui en réalité viennent grossir une masse de population qui vit dans la pollution et le dénuement.

*Une arlésienne (personnage invisible ou personnage fantôme) est un type de personnage de fiction qui est décrit où mentionné, mais qui n’apparaît pas en chair et en os. Ce terme est issu de la nouvelle d’Alphonse Daudet L’Arlésienne, ou plus précisément de la pièce de théâtre homonyme qui en fut tirée. Wikipédia.

AVRIL 2008…QUEL AVENIR ?

La communauté internationale semble étonnée du résultat des élections du 10 avril 2008…..Et pourtant !…Nous pouvions penser, en connaissance des difficultés du peuple népalais et en présence d’élections libres que le parti des « maobati » arriverait en tête du scrutin.

Depuis des décennies le peuple népalais voit se succéder des gouvernants qui apportent peu d’amélioration dans leur vie quotidienne.

Les jeunes partent travailler dans les pays du golf, en Malaisie, en Israël dans les régions ou s’affrontent les colons et les palestiniens. Certains sont recrutés comme mercenaires pour l’Irak ou le Pakistan.
D’autres ayant fait des études ne trouvent pas de travail car ils n’appartiennent pas aux ethnies ou aux castes dominante.

L’inflation est galopante. Le niveau de vie, d’années en années, a une courbe descendante pour une majorité de Népalais.

L’éducation scolaire est relativement basse dans les institutions publiques. Les établissements scolaires privés sont hors de portée financière pour la majorité de la jeunesse.

L’accès aux soins est payant, le service sanitaire public en piteux état et les institutions sanitaire privé hors de prix.

L’accès aux logements est onéreux, et l’accès à la propriété est problématique. Un ana soit environ 20m2 se paye entre 400 et 800€ selon son emplacement. La proximité d’une voie carrossable détermine une partie du prix. Dans la capitale les prix du m2 frôlent les prix de la côte d’azur en France.

Les constructions anarchiques mangent les surfaces cultivables et aggravent l’insalubrité, la pollution et assèchent la nappe phréatique.

Le réseau routier est bien malade. Nombre de villages sont accessible par sentier. Les pistes creusées à flanc de montagne, engendrent des glissements de terrain meurtriers.

Des milliers de femmes sont  » enlevées  » pour fournir les bordels des métropoles indiennes, ou partent dans les pays du golf et sont tenues « en esclavage domestique et sexuel »

La prostitution, la drogue, la violence, la corruption fait son chemin dans le pays.

En un mot, le Népal vit au 18eme siècle à une époque ou les moyens de communication lui apporte une information sur les pays riches dans lesquels les gens ont des chaussures, des voitures, font des régimes pour ne pas grossir, partent en voyage… et viennent déverser sur leurs montagnes un tas de saloperies qui polluent leurs espaces sacrées.

Alors pourquoi être étonnés ?……La promesse de jours meilleurs ne peut laisser indifférente ce peuple qui espère la paix et qui dans sa sagesse force les politiques à une négociation pour gouverner puisque le parti communiste maoïste n’est pas majoritaire.

Sans nul doute, la question qui se pose aujourd’hui est :
– Comment ceux qui sont encore considérée par les USA comme des terroristes vont faire pour redresser un pays exsangue et persuader une poignée d’hommes d’œuvrer pour le bien de tous ? Ceux la même qui aujourd’hui encore sont accrochés au pouvoir et détiennent la puissance de l’argent.

Il faudra beaucoup d’énergie, beaucoup de diplomatie, beaucoup d’intégrité et surtout beaucoup d’amour pour le peuple pour retrouver sa confiance. Il faudra également que les pays riches permettent que le rêve se réalise de voir le légendaire  » sourire népalais  » refleurir au coin de toutes les lèvres.

La majorité de la communauté internationale ne peut-elle abolir sa peur de la  » couleur rouge  » et aider ce petit pays à vivre de la façon la plus digne dans la paix, l’égalité et le progrès ?

Le Népal libre et indépendant ne semble pas représenter une menace pour le monde, si les grandes puissances favorisent sa neutralité entre les deux géants qui l’entourent.

Au seuil du jour historique de la naissance d’un Népal républicain souhaitons que le dicton  » le roi est mort vive le roi  » soit à jamais effacer des mémoires dirigeantes.

La moralité de l’histoire voudrait que les obstacles à franchir soient moins ardus que ceux passés. Seul le temps à venir nous montrera si le Népal a réussi dans sa volonté de changer son destin.

 

La paix différée…un peuple désabusé

L’euphorie de l’année 2008 sur l’abolition de la monarchie a disparu.

Les dirigeants sont à bout de ressources pour réaliser la transition de la monarchie vers une république fédérale démocratique.

En septembre 2010, un rapport d’International Crisis Group a attiré l’attention sur le sentiment que les gens au Népal n’ont pas confiance en l’Etat et que l’Etat n’a pas confiance dans le peuple.

Janandholan 2006 (mouvement populaire) et la promesse d’un « pouvoir populaire » a été paralysé par l’avidité d’un « pouvoir politique ».

Les disparités idéologiques entre et au sein des partis politiques ainsi que les crises à répétition entre les dirigeants ont sévèrement bloqué le processus de paix.

La création de comités spéciaux et de sous comités pour traiter le processus de paix dans un pays aux abois n’a rien résolu.

Aucun progrès n’a été observé quant à l’intégration et la réhabilitation des combattants maoïstes et un consensus politique n’a pu être trouvé à la rédaction de la constitution qui devait aboutir le 28 mai 2011.

Les principaux leaders politiques tournent en rond dans des directions différentes et le processus de paix manque cruellement de cohérence politique.

Les politiciens népalais restent sur la proclamation sans suite de nobles idéaux tandis que les gens sur le terrain ont appris l’art et l’organisation de manifestations régulières. En outre, la corruption et le banditisme se développent sur le terreau du manque d’organisation de l’Etat.

Entre l’axe des proclamations politiques et les protestations des gens, se trouve un vide immense qui menace d’entrainer le pays  dans une spirale descendante.

Des centaines de népalais ont envahi les rues pour exprimer leur frustration et leur demande pour une nouvelle constitution. Dans le même temps l’opinion publique suggère aussi que l’échec de la promulgation d’une nouvelle constitution n’est pas aussi grave que l’incapacité du gouvernement à répondre aux besoins fondamentaux du peuple.

Se pose alors la question de savoir si le gouvernement a la volonté politique et la capacité d’offrir des services de bases et comment le gouvernement va gérer les attentes du peuple.

Le délestage (coupure de l’électricité) le faible niveau de vie, le manque de perspective d’emploi… sont des réalités sur le terrain qui aggravent la subsistance du peuple.

Il apparaît urgent et primordial que le gouvernement réponde aux besoins fondamentaux du peuple avec une chronologie et des résultats concrets afin de restaurer la foi du peuple.

Une constitution, la redéfinition des relations des partis politiques, des alliances militaires et de l’ensemble des relations Etat-société sont également nécessaire pour l’établissement d’une paix durable.

Sources : EKantipur – Hema Kiruppalili chercheur à l’institut des études asiatiques du sud.