« Viagra de l’Himalaya » Phénoméne de mode ?

Les « riches » l’utilisent, « les pauvres » vont le chercher…..

Cet article est en réaction à la lecture de l’information  ci-dessous (et bien d’autres) qui laisse transparaitre  une connotation répréhensible face aux comportements familliaux qui engendre un absenteisme scolaire.

Mon propos ne cherche pas à juger, mais à apporter quelques précisions permettant une meilleure compréhension du « phénomène Viagra de l’Himalaya » pour les autochtones.

 

« Le Viagra de l’Himalaya pousse à l’école buissonnière. JIM.fr

Katmandou, le samedi 18 mai 2013

Les méfaits possibles de la médecine traditionnelle ne sont pas uniquement sanitaires, ils peuvent également être sociaux. Au Népal, le « yarchagumba », champignon très rare que l’on déniche au printemps sur quelques flancs de l’Himalaya, est paré de très nombreuses propriétés.

Présenté comme le « Viagra de l’Himalaya », il est préconisé contre la dysfonction érectile, mais également et pêle-mêle contre la fatigue ou le cancer sans oublier la tuberculose, bien qu’aucune étude scientifique n’ait jusqu’à aujourd’hui confirmé ces multiples bienfaits.

Cela n’empêche pas la cueillette du yarchagumba de monopoliser chaque année des centaines de Népalais, hommes, femmes et enfants. Cette semaine, les responsables locaux ont déploré que la majorité des jeunes népalais aient abandonné les bancs de l’école pour partir la recherche du yarchagumba. « Dans ce seul district, environ 8 000 élèves ont quitté l’école » pour se diriger vers les montagnes, déplore Prakash Subedi, en charge de l’éducation dans le district de Jajarkot (ouest du Népal). Souvent, faute d’écoliers (mais aussi parfois de professeurs !), les établissements ont fermé leurs portes. « Nous exhortons les parents à ne pas emmener leurs enfants avec eux », rappelle Prakash Subedi, mais l’avertissement n’est que de peu de poids face aux 100 000 roupies (1 140 dollars) que peut espérer gagner chaque cueilleur.

 A ce prix, nul ne se souvient que l’éducation se révèle souvent bien meilleure pour l’amélioration de la santé que quelques remèdes aux vertus fantasmagoriques. »

 

Le YARCHAGUMBA ……« Dans les faits, il existe dans ces montagnes une espèce de champignon très rare, au doux nom scientifique de Cordyceps sinensis. …….. Au Népal, ce champignon, qui présente pour particularité de ne pousser que sur des chenilles, est appelée Yarchagumba. Jusque-là, rien de particulier. Ce qui l’est davantage, ce sont les propriétés conférées au Yarchagumba. Utilisé en herboristerie chinoise depuis plus de 1000 ans, celui-ci agirait à la manière d’un stimulant relativement puissant des fonctions physiques et intellectuelles et décuplerait, en général, la résistance à la fatigue…….. C’est la raison pour laquelle des expéditions ont été menées, tout au long de l’année 2008, dans les hautes sphères himalayennes où existe le Yarchagumba à l’état naturel. Chaque année, des paysans locaux font l’excursion deux mois durant et ramènent quelques spécimens, tirant un bon prix de ce produit rare. Il semblerait qu’en 2008, le phénomène ait connu une expansion particulièrement impressionnante. Dans la vallée du Dolpo (le « pays caché » du Népal), l’un des endroits où la présence du Yarchagumba est la plus importante, le prix en a rien moins que triplé…. » http://www.thoreau.be/tag/yarchagumba/

Il apparait que ce champignon est utilisé depuis plus d’un millénaire par les populations himalayennes. Sa cueillette et sa prescription était certainement faite par les  soignants locaux « Chamanes, Lamas, Sorciers… » ayant quelques notions et seuls capables de soulager les « souffrants isolés »                                                                                                                                             

Il ne nous appartient pas dire si ce champignon a des propriétés thérapeutiques réelles, mais pour avoir traversé les siècles ne doutons pas qu’il a, pour les autochtones, des vertus certaines. Quoiqu’il en soit le  Yarchagumba était employé à des fins thérapeutiques au même titre que d’autres plantes qui poussent dans ces montagnes.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Cette « chose » mi animal, mi végétal est recherchée pour son pouvoir dopant. Sa médiatisation en fait un « produit miracle » au même titre que la corne du rhinocéros ou les os du tigre dont l’efficacité reste à prouver !…. Il se classe à présent dans la catégorie des « ingrédients » apportant performance, dépassement etc…  De plus sa rareté attise la convoitise des personnes qui possédant « tout » veulent aussi dépasser leurs limites de puissance. Dès lors la « chose » devient « Viagra de l’Himalaya »

Ouest du Népal et ses habitants.                                               

Rappelons que le Népal est un des pays les plus pauvres du monde. Il y a environ deux ans une étude, faite par un organisme international, révélait « que les enfants vivant dans l’ouest du Népal étaient plus dénutris que ceux du Darfour. »  Nous ne serions dire si tout l’ouest est touché, mais ce qui est certain c’est que cette partie du pays est classée la plus défavorisée. Loin de nous l’idée de sous-estimer « l’éducation » et si elle  « se révèle souvent bien meilleure pour l’amélioration de la santé que quelques remèdes aux vertus fantasmagoriques. » elle ne peut rivaliser avec le ventre des enfants gonflé par la faim.

Comme il est facile, bien au chaud, les pieds sous la table, de s’indigner du comportement de ces gens qui entrainent leurs enfants dans l’espoir de gagner 1000euros…  

Pour cet argent ils vont transpirer, marcher des jours entiers, dormir à la belle étoile, rationner la farine de maïs ou de seigle et chercher pour les nantis ce champignon « magique » qui poussent à plus de 4000m.

1000 euros qui leur permettrons, s’ils ont de la chance, de vivre péniblement une année.

S’il faut s’indigner, nous pouvons, il y a matière à cela. Indignons nous de l’utilisation de la misére !…

Il y a aussi la possibilité de nous interroger sur ce qu’entraine la demande des « riches » et comment y répondent  « les pauvres » ainsi que les conséquences culturelles, écologiques ….que cela engendre.

 En conclusion, et de façon utopique, imaginons que « ces familles népalaises » accédant aux simples besoins élémentaires et ayant accès sans difficultés aux infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, collèges, eau, électricité…) laissent à tous ceux qui désirent un peu plus de « puissance » traquer le tigre, le rhinocéros et cueillir dans les régions inhospitalières de l’Himalaya le Yarchagumba.

Publicités

Publié le mai 19, 2013, dans Info/ actualité sociale, INFO/ ACTUALITE DU NEPAL, Le viagra de l'Himalaya. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. I’m truly enjoying the design and layout of your site. It’s a very easy on the eyes which makes it much more pleasant for me to come here and visit more often. Did you hire out a designer to create your theme? Superb work!

  2. This content is perfect for my taste. I appreciate the writer’s points and agree on many. I read this article through twice for good measure.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :