LE PIEGE DE L’ARGILE

Bal Kumari a onze ans. Sa journée commence à 4 heures et va bien au-delà  de 19heures. Après avoir préparé le déjeuner elle commence son travail dans la fabrique de briques.

« J’avais l’habitude de regarder mes ainés qui travaillent toute la journée avec l’argile pour préparer les briques. Cette observation m’a appris les compétences pour travailler maintenant. Mon grand père est resté 27 ans dans la fabrique. Nous sommes payés cinquante païsa par brique qui sera revendue entre six et huit roupies par les patrons.(100 païsas =  une roupie et un euro = +/- 95 roupies) Selon mes calculs, je vais gagner 16 000 Rs cette saison. Ma famille a déjà pris une avance de 8.000 Rs. »

Bal Kumari est venu en ville pour soutenir sa famille. Elle a dû quitter l’école et ne rentrera dans son village que pour assister à l’examen final de passage d’une classe à l’autre. Le travail à la briqueterie empêche les enfants de suivre une scolarité régulière et lorsqu’ils se présentent pour leurs examens la plupart d’entre eux échouent à cause du manque de préparation. Alors ils abandonnent leur scolarité et retournent travailler à la confection des briques. Des ONG ont ouvert quelques centres d’apprentissages et certaines écoles permettent des cours de rattrapage scolaire. Mais…seulement 450 enfants peuvent en bénéficier.

Chaque hiver, des centaines d’enfants de son âge « descendent » de leur village pour gagner un revenu supplémentaire pour leur famille qui travaille dans les briqueteries. La plupart n’ont pas d’autre choix que de mettre leurs enfants au travail. Les familles, en particulier des gens du milieu rural en provenance des districts éloignés de la vallée, séjournent prés de six mois, durant l’hiver pour gagner leur vie, dans des abris temporaires (tentes) sur leur lieu de travail

briques

Photo ekantipur.com

Selon les données publiées en 2010 par « Le Child développement Society » il y aurait environ 45.000 enfants qui travaillent dans les briqueteries, dans et autour de la vallée. De même, une étude récente portant sur 240 fabriques démontre que 54,2% sont des filles et 45,8% des garçons. 36,6% ont entre 11 et 14 ans, 3,7% ont plus de 14 ans et 59,6% sont en dessous de 10 ans.

La demande croissante des citadins pour construire des bâtiments oblige à un travail jour et nuit. L’hiver accentue la pénibilité du labeur. Dans le froid il faut creuser, malaxer l’argile avec le l’eau, mouler les briques, égaliser les arêtes des côtés. Après quelques jours de séchage, les briques sont portées dans le four. Les cheminées des briqueteries dégagent une pollution qui assombrit le ciel de la vallée. Les terrains autrefois cultivables deviennent stériles car pour chercher l’argile toute la terre arable est enlevée.

Le cas des enfants qui travaillent dans les briqueteries n’est pas nouveau, mais l’inaction du gouvernement les conduit à être pris au piège dans des taches subalternes.

« Je veux continuer mes études et devenir professeur » dit Bal Kumari, tout en gardant ses mains dans l’argile.

usine de brique

Sources : ekantipur -08/01/11 – par Shati Pragati et Jeree Raï.
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Publié le août 19, 2011, dans Le piège de l'argile, TRANCHES DE VIE. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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